Une bienveillante insolence…
En 2022, j’ai découvert les créations de Franck. Je les ai trouvées étincelantes de fragilité et de sincérité, de naïveté feinte, d’impertinence joyeuse, de facéties colorées masquant une savante connaissance de l’histoire de l’art. Il fallait les exposer. Cela a été fait lors de la deuxième exposition « chercheurs d’art » organisée à l’espace qjp-arts. Deux ans se sont écoulés. Avec Franck, nous avons beaucoup échangé. Surtout ses recherches se sont amplifiées. Une deuxième expo s’imposait.
Je sais en effet maintenant pourquoi j’ai pensé à « l’insoutenable légèreté de l’être » de Milan Kundera en rencontrant la première fois le travail de Franck. Je sais aussi désormais que ce travail entre en résonance avec le philosophe Vladimir Jankélévitch qui toute sa vie a cherché à exprimer que la beauté de la vie tient à « un-presque-rien » et à « un-je-ne-sais-quoi » qui font toute la différence entre l’être et le néant.
Franck se définit comme un « plastusicien », un plasticien irradié par la musique, et par la poésie des mots, des formes et des couleurs. Jankélévitch était aussi un musicologue et un fou de poétique. Pour moi, entre ce professeur de philosophie au Collège de France que j’ai toujours admiré et l’ancien prof d’arts plastiques du Collège d’Aime, entre ce qu’ils cherchent chacun à saisir dans l’existence humaine, il n’y a pas l’épaisseur d’un cheveu. En se revendiquant de deux courants créatifs, pataflux et polydada, Franck Reinhardt, comme Jankélévitch, danse avec une bienveillante insolence autour de nos prêt-à-penser et de nos préjugés.
Jean Pierre Quignaux, Espace QJP Arts, juin 2025